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 Il était une fois.... Conteur

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Conteur
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Messages : 18
Date d'inscription : 15/05/2011

MessageSujet: Il était une fois.... Conteur   Sam 23 Juil - 19:43

Je m'appelle Wildegar Gardeclôture - mais à part dans ma famille, tout le monde me connaît sous le nom de Conteur.

Je me souviens que tout petit déjà, j'aimais raconter la moindre des anecdotes de ma vie sous la forme de longs récits - lassant rapidement mes parents et mon entourage, qui attendaient souvent un simple "oui" ou "non" en réponse à une banale question. En revanche, cette propension à décorer de mots mon univers me valait un franc succès auprès des jeunes hobbits de mon âge - tout heureux de m'écouter raconter sous forme d'aventures épiques nos simples petites anecdotes. C'est d'eux que ce surnom m'est venu: je me souviens de leur manière de m'accueillir, de leurs cris "Voilà le conteur!", "Conteur, rejoins-nous!" qui inlassablement faisaient naître un grand sourire sur mon visage - j'avais des amis.

Il faut dire que la vie à CourteCave est tout ce qu'il y a de plus banal pour un jeune hobbit, cinquième enfant d'une modeste famille de paysans, et que la culture des champs n'éveillait pas mon intérêt - ampoules aux mains et allergies aux foins formaient mon quotidien à cette époque, et j'appréciais d'autant plus les moments privilégiés passés avec les jeunes de ma génération à s'inventer des histoires, à les vivre, puis à les mettre en mots pour se les raconter encore et encore. La moindre visite clandestine au pommier du Père Sablonneux devenait la prise d'assaut d'une forteresse orque, les aboiements de son chien devenaient les hurlements d'une horde de loups, et tandis que finalement nous dévorions le fruit de nos larcins, je nous inventais mille et un dangers auxquels nous avions échappés grâce à notre incroyable habileté…

J'ai assez rapidement compris que le monde des adultes était bien différent de celui des enfants: avec ces derniers, enjoliver la réalité allumait des lumière dans leurs yeux, tandis qu'avec les premiers, c'était souvent des remontrances qui m'attendaient, voire de l'incompréhension. Combien de fois ai-je vu ma mère lever les yeux au ciel en soupirant après avoir entendu je-ne-sais quelle explication tordue à un retard, je ne saurais le dire - mais les punitions ou les corvées étaient souvent le résultat de ces tentatives.

En grandissant, j'ai appris à faire la part des choses - et tandis que les années passaient, la vie se chargeait de me séparer de mes amis d'enfance. Mes premiers auditoires se trouvaient éparpillés, qui à Grand'Cave, qui à Hobbitebourg, d'autres encore plus loin, et même jusqu'à la ville d'Archet, dans le pays de Bree, pour mon amie Célandine! A mon insu, ma réputation se trouva élargie à des villes dans lesquelles je n'avais jamais mis les pieds, transmise de jeune hobbit en jeune hobbit, et je me souviens encore de ce jour où, amené par mes parents lors d'une visite à Grand'Cave à d'anciens voisins, l'un de mes anciens camarades m'amena rejoindre toute une assemblée de hobbits de tous âges afin que je leur raconte l'une de nos histoires d'enfance. Quelque peu intimidé devant cette assistance, je me jetais à l'eau, et les applaudissements que je recueillis ce jour-là furent le point de départ de ce qui allait devenir ma raison de vivre, et ancrèrent de manière définitive le surnom de Conteur à ma personne. Je l'ignorais alors, mais mes parents étaient dissimulés pour m'écouter - ce jour-là fut également le point final à leurs espoirs de me voir suivre une vie "normale", et ils convinrent de me laisser suivre cette voie si différente de celle qu'ils avaient suivie.

A l'âge de 20 ans, je partis suivre la formation de Ménestrel. Mon surnom de Conteur m'avait précédé, et c'était sous ce nom-là que j'avais été inscrit. Je ne fus qu'un piètre étudiant dans l'Art musical, et je faillis plus d'une fois être renvoyé à cause de cela - je dus travailler dur pour convaincre mes professeurs de ma motivation, avec de bien tristes résultats. Je travaillais avec une attention tout particulière l'Art de la Voix, mais c'est dans l'Etude des Mots et de leurs Conséquences que j'étais le plus brillant. Et c'est bien évidemment dans cette voie que je choisis de me spécialiser, et c'est l'année de ma majorité, en l'an 1405, que j'obtins mon Diplôme de Ménestrel et que je pus commencer à gagner ma vie de mes récits.

J'ai aujourd'hui 64 ans, en cette belle année 1436. Ma réputation est grande au sein de la Comté, au point que j'aie même fait partie de l'Equipe Officielle de la Réception, organisée par Monsieur Bilbon Sacquet pour fêter son 111ème anniversaire il y a 17 ans, et chargé de distraire la foule prévue pour cette occasion. Sa disparition fut l'objet de nombreux nouveaux récits que je m'empressais de diffuser dans les auberges de la Comté - ce Bilbon Sacquet faisait déjà l'objet d'une multitude de récits, certains certainement fantaisistes, d'autres probablement plus proches de la réalité même si moins héroïques, mais cet été-là, où que j'aille, on me redemandait de manière incessante des histoires liées à son Aller et Retour, ainsi que sur la Réception. Depuis, ces histoires forment mon fonds de commerce et me permettent de vivre d'auberge en auberge, de repas offerts en repas offerts - une vie paisible et très agréable.

Mais aujourd'hui, je m'inquiète pour mon amie d'enfance Célandine - celle qui vit dans le pays de Bree. Son dernier courrier m'avait inquiété par la mention de bandits près de la ville d'Archet, et elle n'a pas répondu à mon courrier la pressant de venir me rejoindre dans la Comté. Je pense qu'il va falloir que j'aille voir à la Poste s'ils n'ont pas reçu sa réponse…


Dernière édition par Conteur le Sam 23 Juil - 19:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il était une fois.... Conteur   Sam 23 Juil - 19:43

(Des mois plus tard)

Installé sur le banc devant sa demeure, la tête appuyée sur le dossier, Conteur regardait la plaine en contrebas. Le vent jouait avec ses mèches rousses, et les nuages filaient dans le bleu du ciel, comme empressés de rejoindre leur destinée, au-delà des collines, au-delà de la Comté.

La Comté… Autrefois, il l'avait parcourue de long en large, il en connaissait toutes les routes, tous les hameaux, toutes les auberges - et ce jusqu'au Brandevin. Mais elle avait changé.
Désormais, les loups étaient revenus. Des brigands imposaient leurs lois dans des fermes isolées. Des gobelins se regroupaient dans le nord, et un troll avait même été aperçu dans les Marais de Rushock, à l'ouest. Si le coeur de la Comté restait inchangé, ses frontières, elles, n'étaient plus sûres. Certains champs étaient laissés en friche, abandonnés à une faune de plus en plus hostile. La nourriture se raréfiait, et même en plein coeur de Grand'Cave, on trouvait de jeunes hobbits affamés, prêts à voler un morceau de tarte non plus par gourmandise, mais pour se nourrir, tout simplement.

La Comté - plus belle que tous les autres lieux qu'il avait visités au cours de ses errances. Plus belle même que la Forêt d'or, cette forêt si chère aux yeux d'Eledirn. Et pourtant, en ce lieu qu'il se plait à appeler "Mon foyer", il n'est plus à l'aise. Ses voisins le regardent d'un oeil suspicieux, méfiant. "Prenez garde à ce ménestrel", a-t-il entendu l'un d'eux dire à sa famille en visite. "Il finira comme ces vieux fous de Sacquet!", chuchotent-ils à son sujet. Pour la première fois depuis des années, l'un de ses amis d'enfance ne l'a pas invité à venir à la journée d'anniversaire organisée pour sa fille. "Tu n'es jamais là!", lui a-t-il reproché ensuite, tout en prenant bien soin de ne pas être aperçu en sa présence.

Il avait perdu sa respectabilité en même temps que son insouciance, quand les vents du Destin avaient soufflé pour le mener si loin de son foyer. L'enthousiasme qui envahissait les auberges quand il y faisait son entrée était désormais remplacé par de la méfiance, et si son surnom de Conteur demeurait, c'était par la force de l'habitude - car il y a bien longtemps qu'il n'avait plus été invité à conter ses histoires. Pris au piège par ses propres idéaux, il était désormais un étranger dans ses terres natales.

Il avait été éveillé aux horribles réalités du monde. La guerre, la tristesse, la douleur, la mort étaient désormais ses compagnes. Il parcourait quotidiennement désormais des lieux qui l'auraient fait se recroqueviller d'effroi à leur simple évocation il y a peu - et il y combattait des horreurs pire que tout ce qu'il avait pu imaginer lors des récits au coin du feu d'un passé pas si lointain. Il était désormais l'un des fers de lance du combat pour les Peuples Libres - honoré et reconnu partout, les créatures de l'Ennemi avaient même appris son nom et l'attaquaient à vue tout en redoutant les accords de sa Harpe. Tantôt dispensatrice de chants de soutien, tantôt arme redoutable, sa Voix avait atteint une puissance à laquelle il n'aurait pu rêver d'accéder autrefois. Les Mots continuaient de voleter dans son esprit - parfois lucioles multicolores aux imprévisibles et lumineux chemins, mais bien plus souvent dagues acérées aux lames redoutables. Il avait su dompter leurs musiques, maîtriser leurs résonances, contrôler leurs vibrations. Les instruments de musique n'étaient que les supports de son talent, et en cela il se distinguait désormais des Ménestrels de la Comté. Il savait jouer médiocrement de tous les instruments, mais ce n'était que des outils, désormais.

Y avait-il un retour en arrière possible? Il en doutait. Au fond de lui, il doutait même de le désirer. Il avait échangé une vie facile, tranquille et organisée pour une autre dangereuse, effrayante, et où le lendemain restait incertain. Il avait échangé des repas réguliers et riches au coin du feu par des nuits sans sommeil, le ventre vide, glacé jusqu'aux os - et il doutait de regretter l'échange. Car s'il avait perdu le respect de ses voisins, il y avait gagné le respect de tout un monde. Il y avait gagné le respect de lui-même.

Désormais, ses instructeurs avaient décrété qu'il devait faire son chemin tout seul, sur la voie qu'il avait choisie. Il savait qu'il était allé plus loin que la plupart d'entre eux dans l'Etude des Mots et de leurs Conséquences. Mais quoiqu'ils en disent, seul, il ne l'était pas. Les Vagabonds, ces personnes aux passés si différents, étaient désormais ses compagnons, et leur Refuge, situé en plein coeur des résidences de Bree, était également le sien. Leurs destins étaient entremêlés d'une manière qu'il avait du mal à comprendre - mais c'était une réalité, une constatation, une évidence. Dans ce monde hostile, effrayant, mortel, il savait pouvoir compter sur eux, tout comme eux pouvaient compter sur lui.

Quelque soit son destin, il ne serait plus jamais seul.
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